You are on page 1of 40

Z Renan 4014(2)

Paris
1884-87

Hamy, Ernest-Théodore
Décades americanae. Mémoires
d'archéologie et d'ethnographie
américaines
amerlcalnes

Tome 2 i
ItKGADKS UII'lilCAM

MÉMOIRES ~r

D'ARCHÉOLOGIE IT fflltlilPlI

AMÉRICAINES
l'Ail(1

LI-: !)' K.-T. IIA.MÏ


i.vmaial.-iir
du
Mus/
il'KlIuxigr.'ipliig
ilil
Twiiferi

DEUXIÈME LIVRAISON
i 1

PAHIS
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR
I.IHHAIHK II K I.A mii:h:TÈ ASIATIyl T.

1>K l'kcOI.K DI'.S LASiil BS OUIKNTALK» VIVAXTIS. KTi:.

28. HI'K IlliXAl'AHTK.2S


I88.'i
IX TZOMPAKTM 33

VI
•\ LK
TZO.MI'A.NTI.1

Leshorrililo»sflcrilict's qui entraient pour une si large part


dansJes rites religieux des Aztèques avaient pour épisode final
l'expositiondes têtes des malheureuses victimes, qui s'uccumu-
laicnl en divers endroits des temples, spécialement destinés it
les recevoir.
Tantôt les crânes étaient alignés au-dessus des édiculus supé-
rieurs des léocallix tantôt un les plantait au sommet de po-
teaux érigés à dessein tantôt enfui on les fixaità des barres
transversales, adaptées « desmadriers verticaux et formant un
ensembledésigné sous le nom de tsompantli
11y avait dans le grand temple de Mexico plusieurs édificesdo
co type. Le premiers'appelait MixcoapanIzompant/i.« C'était là,
iiousditSaliagiiu',qu'onconservait les tûtesdes victimes sacrifiées
au dieu Mixcoall. On se servait pour cela de madriers plantés
dans le sol et s'élevant à la hauteur de deux estados ils étaient
percés de distance eu distance, donnant ainsi passage à des bar-
res transversales, au nombre de sept ou huit, de la grosseur
d'un bois de lanceou un peu plus. C'était à ces barres que l'on
fixaitles tètes, en tournant leurs facesdans ladirection du midi. »
Torquentada trace une description plus longue mais moins claire
dece même tzompantli Ouy voit entre autres choses que les

1) CedeVor de crâneshumain.* étaitdevenusi habituel,que dans certains


temples il formnilpartieintégrantedumonument, couronné«lorspar uneron-
géedo Mesmodelées en terrecuite.
2) C'étaitle cas,en particulier,pourla télédujeune homme sacrifiésousle
nomJe Tezcat lipoca,aumois îleîiwntl de.chaqueannée(Fr.lî. de Sahapun,
llistùircijiio'raledis rhuses itelu trad.fr. par1).Jourdanel
Xiturtlk''Kspinjne,
et R.Siméfiii,l'iiris, 1KSH, in-K,p. 02,fie., liv. 11,ch.v elxxiv.)
3) De tiom, sommet,lèli- el jmnlli, pieu.
173.
\) Sulmgun,
lit l/ctfmh r
estrf cil.
lu p.
taille moyenne d'un liomn.e.
6) Fr. Juan de Torquuiinda, Stiundii parte itr />.s rrinle y un librus hilw.-
1rs n ili.imr'iuid hvliuHU.libr. VIII. ch, xij, '> (dit. Madrid, \"23, in-folio.
T, Il, p, I

34 DÉCADESAMÉMCAINKS

perches étaient alternativement nlus


porches plus hautes et nlus
plus basi
basses que
les crânes étaient t'iililés par les tempes, après avoir été
dépouillés de leurs parties molles qu'ily en avait des files de
cinq cents, do mille et plus que lorsque par vétusté quelqu'un

'II a
Ki«. 8. Hiéroglyphe de Tzompauco,
il'upros le muiiuscrlt Aubin (p. 18).

de ces trophées tombait de sa perche, on le remplaçait par un


autre; enfin que les Mexicains,en déposant dans leurs temples
ces sortes d'ornements, avaient pour objet de témoigner tout à
la fois de leur valeur et de leur piété envers les dieux.
Undeuxième tzompantli (tout purle Torquemada existait dans
le Quauhxicalco C'était « comme un ossuaire particulier » que
hantait parfois à des heures indues le dieu Tillacahua, sonnant
de lit trompe. Le prêtre consacré au servicede ce lieu sacré, que
l'on nommait Yopoch, entrait alors dans la Casa de Ca/aoeras,
et y présentait l'encens à la divinité.
L'n troisième Tzompantli, que Sahagttn décrit en quelques li-
gnes bien précises « consistait on trois ou quatre madriers plan-
tés dans le sol et traversés par des barres, commebois de lances,
auxquels étaient lixées les lûtes de ceux qu'on tuait. » C'était le
Tzompuntliproprement dit k

1)Lesléles(lesseigneurset descnpiUiinis de rnnrrjun étiiientécorchéesavec


leurscheveuxet leursbarbes,puisdi'ss«.-li<V's etréduitesa tel pointqu'onles
auraitprisessanslaIjUiIjcpourdes télésd'unlants, etc. C'étaitdoncquelque
chose(l'analogueauxchuiwlutx desJivaros;ti:lui'ls<lrrt'quali'ur.
2) Torf|uemàda, libr.VJII,ch.xiij,«/. t«V,t- II, p.14'.».
:<)TraU.cit., p. 175. Cf:Torquenmda, «/. cil.,t. 11,p. 119-150.
u; tzoupantm 3S

On on pouvait voir un quatrième où l'on conservait les tôtes


dos captifs, mis à mort on l'honneur des dieux Omacatne ou
Omacatzitzin
Un cinquième, le uei Tzornpuntli', placé devant le temple
principal, « sorvait ù recevo.ir les tète»des captifs que l'on sacri-
fiaiten l'honneur de ce temple, chaque année, à propos de la fête
de l'urtyreet~alzt~li't~,
C'est ce uei Tzompanlli qu'a décrit Andrès de Tapia dans les
termes suivants « Il y avait, enfoncées en face de cette tour i,
soixanteou soixante-dix poutres, éloignées de la tour d'une por-
tée d'arbalète, posées sur un grand théâtre fait de chaux et de
pierre, et sur les gradins d'icelui beaucoup de tètes de mort
fixées avecde la chaux et les dents tournées en dehors, autant
que l'on pouvait voir, et les poutres séparées l'une de l'autre d'un
peu moins d'une varo do mesure (84 centimètres) et depuis le
haut de ces poutres jusqu'en bas étaient disposés des bâtons,
autant qu'il en pouvait tenir, et dans chaque bâton cinq tètes de
inortélaientenlilées par les tempes. Coluiquidécrit cecielun cer-
tain Goraalode Umbria ont compté les butons qu'il y avait et
multipliant par cinq tètes chaque bâton de ceux qui étaient entre
poutre et poutre, comme je l'ai dit, nous trouvâmes qu'il y avait
cent trente-six mille tètes »
Un sixième appareil, le ijopku Tzontpantli, servait à ranger
les têtes de ceux qui étaient sacrifiés dans la fête de Tlacaxipeua.
liztli. « Il n'y avait pas plus de trois ou quatre tètes dans chaque
rangée, » dit Torquemada °. Enfin un septième tzompantli, do
même construction « était destiné a recevoir les tètes de ceux
que l'on tuait à la fête iVYacatecuhlli, dieu des marchands. »

1)Tmd.cit., p. 1Î7, – Cesacrificese faisaittouslesdeuxcentdeuxjours


(SulmgunJ duranttroisjourset comprenait deuxcentsvictimes et plus(Torque-
mada).toi.cil., t. Il, p. 151.)
') «ci d ire
veut grand.
3)Saliugun, tmd. fit., |>. 178.
h)Imléwutli du grandtemple.
5) Macinnhecluipor clténor Andrès(leTapiutubretuMiquiatudeMwieo.
(Collectiontledocumentas paralu hishmideMexico, puLl.i>arî.G.Icuzbalceta,
t. 11.p. 583,Mexico,1K0O, in-8.)
6)VA.cit.,t. H,p. 153. Sahagun,trad, cit.,p. 179.
36 DÉCADKS
AMÉRICAINES

On se
Un sp fera
féru une idée
iili'c assez
iissm/ exacte
nvw.tn do
iln l'aspect
I'ukiiacI de
dfi ces sombres
édifices eu examinant la figure que nous reproduisons ci-dessus,
d'après un manuscrit de la collection Aubin.
L'auteur de ce manuscrit, qui est un rapide résumé chronolo-
gique de l'histoire des Aztèques ayant à représenter le nom de
Tzompaneo, l'une des stations occupées par ce peuple dans le
cours de ses migrations vers Tenochtillnn-Mexico, adessiné une
travée de Tsompantli avec un crâne mis en placo. On voit fort
nettement sur cette curieuse figure deux montauls verticaux,
percés l'un et l'autre de trois trous ù des distances égales et que
traversent trois barres dont la médiane porte un crâne humain

privé de son maxillaire inférieur.

Tzompaneo, que les familles mexicaines ont habité à deux re-


prises pendant quatre et cinq ans avant de gagner, les unes Xal-
locan et les autres Apazco devait son nom, suivant la tradition
it un sacrifice humain qui s'était accompli dans cette localité.
Les Mexicains pratiquaient dès lors dnns leur petite tribu les
rites sanguinaires, qui ont voué plus tard leur nation, devenue
puissante, à l'exécration des peuples du voisinage 4. Un Chichi'

mèque, pris dans un combat, avait été sacrifié à Huitzilopochtl",

1) Ce manuscrit, que les historiens modernesde Mexico désignent sous le


nom <k peinture Aulin, du nom de son propriétaire, a fuit autrefois partie de la
i-ollcctionde Botturtni (VIII, li) qui l'a décrit en ces termes « Histoire de )n
nation mexicaine partie «n figures et caractères, partie en prose nalmall, écrite
de la mêmemanière par d'autres au-
par un anonyme en 1570, et continuée
teurs indiens jusqu'en 10O8. » Le toxlo mexicain,ajout» M. Auhin, est l'expli-
cation des figures; je possède l'original et la copie de (inma, qui cite quelque-
fois cet ouvrage suffisant à lui seul pour donnerla clef del'écriture et de I ico-
nographie mexicaine. « M. Aubin l'a l'ail lilltograpliier et de rares exemplaircs
de cette reproduction existent dans quelques bibliothèques spéciales.
Jj Ttotnpanco et Xallocin sont deux lagunes au nord de celle de Tezcuco, où
devait !• fonder plus tard IVnochlillan (Mexico).
de In /wirjnnieioii </<•
:)) Cwtdrt hiat'invn <jirtnjlitk<> lux trilius Astfou: i/w
pMirun • vulle de ileriro, aevmpaAtufode alijuna» ejrplivaeiones pumsu in-
O-lh/fticiupor D. Josi': Fernando Kamiiwt (A'te {ivngraficn, estatlistho e Itis-
lor'ko de ht Repiihlim MexieaM, formadopor Antonio Oarciu y Cubas, Mexico
iHT>H, in-fol, lam. 32, 33.)
Aiî.cs céréinonii's que les Mexicainsfaisaient en l'honneurdo ritzilopochtli.dit
Saliagun, fnri-nt copies rie celles dont. l'usajrç avait prévalu dans la sierra me-
me de Coatepec, c'est-à-dire dans le pays où, suivant la légende, était né ce
personnage divinisé, bien longtemps avant que les émiprants arrivassent à
Tzompanco (Cf. Saliagun, liv. II lesf»en.t, trad. fr. p. 203). On voit d'ailleurs, sur
l'une des peintures représentant migrations (Garcia y Cubas, lam. 33), un
sacrifice humain s'accomplir presque au départ de Hueycolhuacan.
l.KTZ0MPANTL1 37
et sa tôte, posée sur un pieu, avait inauguré le premier tsom-
panl/i
Txonipauco en a tiré son nom, qui signifio dans le (sompan- »
=
(ti\ L'écrivain indigène de 1570 représente le vocable par la
figure simplifiée de l'édifice décrit parTapia, Sahagun et Torque- t
ninda, en associant toutefois au signe figuratif deux signes pho-
nétiques. La télé (izom, tête, sommet) est, en effet, surmontée,
dans la peinture, du drapeau [pamitl), et la lecture de l'hiéro-

glyphe donne les syllabes tzom,pan, le suffixe co n'étant pas ha-


bituellement exprimé.
Tisompanco figurait déjà dans d'autres recueils de peintures
dans la mappe d'Ixtlilxochitl,
indigènes; par exemple5 et dans
colle de Bntlurini, l'une et l'autre publiées par Rainirez dans
l'atlas de Garcia y Cubas 4 dans la Cordillcra de TribiUo* de Lu-b-
renzana dans la Itaccolta de Mendoza, dans une des planches de
Clavigero, etc. Mais aucune do ces ligures ne pouvait donner une

i)« VnChichinieca que auin tomadaen vna guernlo saerificoà


de los Mexicanos,y la cai)ezadosto pusirron on vn pnlo,y por estoUchilogos,dios
se lltunnua este
pueblo Ziimpiiugo,"que quiere «Jestirpalu do espeta cab'eças de ombres. » (!•>.
herimrdinode S. Francisco, JJistoriu tic los Mexicanos por sus pinturas, cap. xi
(Ann. dcl Mus. Xnr. de Mexico, t. H, p. {M). Une autre localité, Tzompatitlan
(près du IzoïDpiinllijoue aussi un rtlo [lu usla légende de Huilzilopoclitli.(Su-
Imgun. tnui, vit, p. 202.)
'£)Le suffixe ro, très rréqu^niment employépour les nomsde lieux terminésen
/W,/(, in, est ri'inJu pur les iiuleurs espagnols par les prépositions en ou denlro.
3) Je donne ce nom &la pivmiûw des deux peintures (laïu. 32) publiées dans
l'atlas de Gurcia y Cubas, et dont jMslorien l). Kemamlo de Alba Ixtlilxochitl
esl le plus ancien possesseur connu.-Lu seconde (lam. 3.'{),qu'on peut voir ac-
tuellement nu musée de Mexico (t'ytafayn de lus coleccioneshistorien ytirtjuco-
logicudel Musc»Xannuul de Me.rienarreglado por G. Mendqzay J. Sanchei
{Ànn.(tel Htm. Xuc.de Mexiro,t. Il, p. 407) vient de Botturini,*qui l'a décrite
somiuaircnientsous le numéro t du paragraphe vu du catalogue de sa collée-
tion.
4) La première avait été déjù publiéepar Gemeili Carrori. qui en avait reçu
communicationde IX Carlos de Siguenza y (îongora qui la tenait d'Ixtlilxoehill
(Giro (let vol. p. 3ti, Nllpoli HOO,iii-12); puis par Ciavigero (S/I),
riu imttea del Messie»,Cesena, 1780,in-i, vol. II, p. 192; par llumboldl( Vues
des Cordiltièrcs et monuments des peuples indigïiies de l'Ami'rii/ue. Paris,
IStO, gr. in-folio, texte, p. ^'3 et atlas, pi. XXXII) par Kingshorough. (Op.
d'Assyrie ff consente
ci/.).1 par Farai'oy {Ihmimeiils/iii1i«j//i/;i/iiV/«e.«emportés
en C/iincpt en Âuirrii/ur sur le dtlwjc de X«r, les di.r <jtwratvM.\munile
déluge, l'exislew-e d'un premier hommeet celle du péché oritjind, Pari: 1838,
br. in-4) enfui par Cuiuplido, dans fa tnuluflion de l'rescolt. (Xptndiee à lu
historia de lu mnnuisUi,etc..Mexico, 1840.)
La deuxième niuppe, ou utnppe de IMlurini, avait été reproduite par Beul-
locl) (Fae-similc «f nu iiritjinul Mn-kmt Itieroijlyphic Vuintiiujfrom the Col-
iMiuit •>[IMurini. br. <\oSi pp.) par Kingsborougli (mil. rit,) par Cumplidu
38 DÉCADES AMÉRICAINES

idée bien nctto


netto du lugubro appareil qu'elles étaient destinées
destinai il
représenter.
Lo Tzompantlide la mappe d'ixtlilxochitl n'est qu'une espèce
de barrièi1" dont la traverse supporte un objet informe, dans
lequel on a bien de la poiiii'ù reconnaître les éléments d'une tète

– – – –r I t.t u.i «~.

)1 vwmm iirni 1 « p
Fig. 9. Le grand tvinplo il" Mexicoavec ses dépendances, d'après uu plan,
agrandi quatre fois. de MexieoTemixtilan (sic) atsiétjé par fortes. – Ou v
voit deux tzompantti (capita merifieatorum).
J.

vue de «Hé, dont l'œil soraitrefoulé en arrière de la branche mon-


tantde la mandibule, eldont le profil facial serait formé par deux
lignes verticales.
On reconnaît plus aisément les caractères d'un crâne à l'objet,

(Ap, cil,), enfin par Schoolcrall (Ilixtorictil and statut mil Information res-
peeling llistnru, < inulHionnml Prospects nf the imtùm Tribvs or the United
tîntes.)
LE TZOMI'ANTM !)9

donné de face, que supportel'appareil


«innorto l'annaroil sur
sur la Manne de liait
Mappede iirini ·
Ruttiirini
mais le support n'est, à vrai dire, qu'une espèce de eraniophore,
qui s'écnrte sensiblement des «Inscriptions que l'on a pu lire
=
plus haut.
C'est unemachine à peu près semblable, qui porte, à lu pre- |
mit'i'opage du manuscrit de Mendoza, la tôte présentée de profil; ?
on retrouve, il est vrai, assezbien dans cette peinture la tête hu- =
maine, et surtout la maudibule, mais la tôte est singulièrement
empalée d'avant en arrière, a travers l'occipital Ij
La seconde figure de la collection Mendoza et les reproduc- =
lions qu'en ont données Lorenzanaet Clavigero nous montreront E
au-dessus d'une barrière de planches ou de poutres une sorte de
châssis portant uno masse irrégulière qui rappellera bien plutôt
l'aspect d'une pièce de viande enfilée dans une broche et munie
de son étiquette, qu'elle ne suggérera l'idée d'une tôle humaine
(tzom)que surmontorait un drapeau {pamill).
Les anciens dessins espagnols ont leur valeur, en tant que
renseignements généraux, mais représentent les objets ;ï mu-
trop petite échelle pour pouvoir <Hrebien utiles dans l'étude de
leurs détails. On verra néanmoins avec intérêt (fig. 9) lo dessin
agrandi quatre fois, que nous reproduisons par la photographie,
d'après un plan de Mexicoassiégé par Cortès, qu'a publié, il y a
quelques années, h un petit nombre d'exemplaires, la Commis-
sion dite « de la vallée ».
En présence do ligures aussi imparfaitement dessinées que
toutes celles dont il vient d'être question, les commentateurs de-
vaient forcément s'égarer. Siguenza s'était assuré, il est vrai, que
la signification de l'hiéroglyphe de la Mappe d'Ixtl'dxochitl de-
venue sa propriété, était bien colle de Tsompanco,et il avait
écrit sur l'original, à côté de la lignre, ce mot que Gemelli Car-
reri a reproduit en publiant le premier co précieux document.
Mais le voyageur italien a traduit Tzompnneo par Calvarw
loctts.Humboldt, qui necomprenait pas mieux que son prédéces-

i) Latroisième
ligurorlulympantli«luinêmcmanuscrit(2«partie,pi. xix)
n'estqu'unerépétition decelle-ci.
simpliltëe
40 DÉCADESAMÉRICAINES
a._ _L_ .a_ v_
seur la signification du symbole, rendait le mémo nom de lieu
par in périphrase lieu d'ossements humains. Or les termes
mexicains qui correspondent à cette traduction sont omicalU
(omiti, os calli, maison), casa do lutesox ouomitlatiluijan (lugar
donde toshuesos est(in ammitados). Ramirez, auquel j'emprunte
cette rectification, u rétabli la véritable signilication de l'hiéro-
glyphe de Tzompanco, et la publication récente du texlo de
Bornaniino de San Francisco, que l'on doit u D. Joachiin Garcia
Icavibalcela, a achevédo mettre en évidence les liens tradition-
nels qui rattachent le nom du lieu ù la pratique barbare dont il
tire son origine.
L'étude du manuscrit Aubin, rapprochée dos textes de Tapia,
Sahagun, Torquemada, etc., dont elle est en quelque sorte l'illus-
tration, vient compléter celle histoire du tzvmpautli mexicain,
l'une des manifestations les plus caractéristiques du génie san-
guinaire des sectateurs de Huilzilopochtli.
!lk ANTIMOPOUTIH! DK LA OlAUELOm: 41 ?

VII

i:x AXïnitoi»or.riuK
de la nuADKLom:

Les anthropolilhesde la Guadeloupe ont joui d'une véritable


célébrité au commencement de ce siècle. Découverts en 180Î1
au Port du Moulu dans une sorte de tuf calcaire, ces
prétendus
fossiles humains ont été l'objet do mémoires nombreux et variés.
Le général lïrnouf sommairement expose dans les Annalesdu
Muséumde Paris1 les diverses hypothèses qui avaient cours sur
leur origine. Konig1, H. Davy, Moroaude Jnnnfes3,Ouvier' ont
fait, ù différents points de vue, J'examen dos squelettes et ctolit
roclte qui les renferme et déterminé la
i-rnnpositionchimique,
l'état minéralogique, la nature des débris
organiques, et par
suite le mode de formation do ce tuf pélagique, ainsi
que l'a
nommé Moreau do Jonnes. Mais quelque de
degré précision
qu'aient atteint les démonstrations que je viens de rappeler,
l'àge des squelettes du Port du Mouleest demeuré jusqu'à pré-
sent indécis. L'étude de la gangue des
anthropolithes démontre
cependant qu'ils sont enfouis au sein d'un dépôt qui continue ù
se former aujourd'hui; l'examen des coquilles incluses dans le
tuf prouvequ'elles sont d'espèces vivant sur l'ile ou dans la mer
voisine. Bref Cuvier démontre que ces pseudo-fossilessont loin
d'avoir la haute antiquité que leur attribuent encore
quelques
vulgarisateurs ignorants ou prévenus8. Mais entre l'explication,
combattue par le grand naturaliste, qui faisait des roches ossi-
fères du Port du Moule les « débris d'un monde
disparu » et

1)T. V, p.-loi,i8or>,
iti-i.
2) "onigtOna f~sriflmurnnsk~:(eronfr~rmf;ttml~·/ottpe.MM~<hT«t~-M~
m \tiU"n\ lusei)hB"nks-l'«<K'#. Trwmtet,vol.CIV.p. 107el
pi. m, îoi-i»in–i )
1822
^n-T" deJ°"n*8'm'oirf P'"Jsi'li'<- d>-sAnlith*frmwisn, t. |,p. 516,
1.~¡~
4)°-,Cuvicr.fl'*«)««*«!•/«Ihruriede lu tmv,servant.lïnlroduction aux
Hecherdiessurlesossements fossiles,Paris,1821,in-i, le.LXVI
5)Cf.Boitard,L'Univers avantles/tommes, p. »'5lA 481.
42 DÉCADESAMÉRICAINES

l'hypothèse qui, rajeunissant outre mesure les débris osseux


envoyés on Europe par Cochrane et par Doiizelot, leur donnait
une date toute récente, ii s'était produit dos opinions intermé-
diaires parmi lesquelles, il défaut de renseignements précis,
Cuvier n'avuit pas cru devoir choisir. C'est l'une de ces der-
nières, celle d'Ërnouf, acceptée par Zimmermatm et quelques
autres écrivains, que vient appuyer une petite découverto.quej'ai
faite, il y a quelque temps déjà1.
t,
On sait que le premier squelette (lit Port an Moulefut enlevé
par sir Alex. Cochrane et présenté par l'amirauté britannique au
British Muséum, où il est encore déposé
Le Muséum d'histoire naturelle en possède doux autres. Le
premier seul a été étudié par Cuvier, et la figure et la description
qu'il eu a données unt été souvent reproduites. Un second bloc,

Pig. 10 a 12. Amulette, pu juJi-, en forme de grenouille, trouvée au cmi «l'un


antliropolithe de lu Guadeloupe, gr. nat. {Mus.Hitt. Nat. (le Paru.)

envoyé à Paris un peu plus tard par Donzelot, en tout semblable


nu premier, mais dont le squelette était bien plus mal conservé,
ne paraissait devoir rien ajouter aux renseignements fournis par
son devancier. Il ne fut pas dégrossi, mais exposé à côte de celui
qui renfermait le premier squelette en partie dégagé, il servit à
montrer aux visiteurs l'état naturel des bancs ossifbres dits
Maçonne-lfon-Dictt.

i) Cf. Compt. ttend. Acnd. Se. 10 fi-vr.1873.


L')« Ils furent découverts, dit Cuner(/oc, ciï.) p.n 4805, par M. Manuel Cor-
tès v Campomanès, alors olïicicr d'étal-major de sprvien dans la colonie. La
général Ernouf, gouwnicur, en fit extraire un nvec beaucoup de peine, auquel
il manquait la Ifit^ et prost|iii>toutes les extrémités supérieures on l'avait
déposé ù la Guadeloupe, et on attendait d'en awrir un plus complet pnur les
envoyer ensembte à Paris, lorsque nie fut prise par les Anglais. L'amiml
Cochrane avant trouve ce squelette au quartier général, t'envoya à "amirauté
anglaise qui .l'offrit uu Muséum britannique. 11est encore dans celle collec-
tion. où je l'ai vu on i«18. <>(Cuvier,Discourspréliminaire, p. LXVt.)
UN ANTHROPOLITITÈDE LA GUADELOUPE 43

C'est dans ce second bloc, dont une large fonte, lentement


agrandio, a fini par détacher un assez gros fragment, quo j'ai
trouvé le bijou caraïbe dont la figure est reproduite ci-coniro.
La fissure qui dissociait, ainsi qucje l'ai dit, le squelette du Port
du Moule, dessinait ses sinuosités au-dessus dos fragments os-
soux qui représentaient le thorax du sujet, et lorsque la partie
supérieure s'est détachée, elle a montré dans son épaisseur la
moitié droite du maxillaire inférieur, dont la dentition se rap-
portait à colle d'un enfant de huit ans environ. Cette indication
s'accordait aveccolles que fournissaient déjà les diaphyses des
membres, saillantes à la surface dola roche, humérus, fémur,
tibias, etc.
Sous cette mandibule et un peu au-dessus de débris osseux
qu'il était aisé de reconnaître pour quelques bouts de côtes
supérieures et la portion moyenne d'un humérus, apparaissaient
doux petites taches verdâtres et, au milieu do l'une d'elles, un
petit cercle blanc. Je dégageai [avec précaution la pierre verte,
qui se détachait sur le fond gris blanchAtrede la roche et, après
quelques minutes do travail, je pus tirer de la gangue une amu-
lelle on jade do 20 mm. do longueur sur 17de largeur et 9 d'é-
paisseur,reproduisant grossièrement la figure d'un batracien
La tète et les membres antérieurs sont séparés du reste du
corps par une rainure transversale, chacune des saillies qui re-
présentent les pattes de devant est adroitement percée do deux
trous', l'un sur la face externe et l'autre sur la face inférieure,
à l'aide desquels la grenouille de jade était suspendue au cou du
jeune sujet. Deux petits renflements simulent les yeux de l'animal,
deux traits obliques circonscrivent ce qui répond aux membres
postérieurs et une saillie ovale dessine les contours de la région
lombaire.
J'ai dit que co bijou est d'origine caraïbe. Cette appréciation,

i) M.Jannettazquia étudiéla densitéetlesnulrescaractèresphysiquesde


cettepièce,a reconnuqu'elleappartientù lavariétéde jade,propreà l'Amé-
riquecentrale.Cettedétermination
a étéconfirmée purM.Fischer,de Fribourg,
duntonconnaitlesimportantes recherchessurla néphrite,laindèite,
etc.
2)C'estl'unde cestrous,remplide tuf,quisedessinaitenblancsurle fond
vertdela portiondu bijouenjadeque la fenteavaitmiseà jour.
44
4·r DÉCADES "VQR'U.~07
uP~suao AMÉRICAINES
1
que m'ont suggérée des comparaisonsétendues1, trouve saconfir-
mation dans les textes dos vieux autours qui ont écrit sur1'iliB-
toire naturelle et l'ethnographie dos Antilles.
Rochefort, du Tertre, ote, parlent en ellot, à plusieursreprises,
du goût des habitants de cet archipel pour certaines pierres
vertes et rouges, et ce dernier raconte même' it proposde ces
pierres, qu'il dit venir de la Terre Ferme, qu'il en a vu de
diverses ligures, et en particulier une qui avait la forme d'une
grenouille.
Entre autres propriétés dont jouissaient ces pierres travaillées,
« pendues au col », elles empêchaient de tomber du haut mal,
soulageaient les femmes « en travail d'enfant », etc., etc.
La rencontre d'une amulette, taillée suivant Informe spéciale
indiquée par le vieil historien des Antilles, et suspendueau cou
d'un des sujets enfouis dans les tufs pélagiques du Port du
Moule, mcBonibl»bien prouver, d'une manière irrécusable, que
ces squelettes appartiennent ù Yépoquecaraïbe, ainsi qu'Ërnonf
l'avait supposé.
On peut donc maintenant limiter l'âge des anthropolilhes, dont
Konig, Cuvier, etc. s'étaient occupés, entre la première appari-
tion des Caraïbes à la Guadeloupe et l'époque où Uochefort,du
Tertre, etc., décrivaient ces anciens habitantsdes Petites Antilles,
aujourd'hui presque complètement disparus.
JI n'est pas inutile de rappeler en terminant cette notice que
c'est sous le nom de Oaliùis, que nos compatriotes désignaient
en 1805, les squelettes que l'on extrayait du Port du Moule. Or
cette dénomination ethnique, qui s'appliquait jadis à un grand
nombre de tribus des Guyanes, n'a point entièrement disparu des
cartes modernes.

i) Onadécouverten effet,uncertainnombre de grenouilles


en pierredure,
soitaux Antilles,soitsur la TerreFerme.M. Fischern'enconnaissait pas
moinsde qualre,lorsqu'ilrédigeaitsonmémoire DieMinentloijie<ilsllilfsuis-
itnschnftfût Arrlui-aluijk;Ktltn'iympMi'u. s. w. mil snetirUvrllerurksichti-
ijnmjmnkunmhr.ruulpturem(ÂrcAi'r. fur Anthrop,,rel. X, i877.)Lagre-
nouille,symbolede la pluie,était d'ailleurs fortsouventreprésentée chezles
Indiensrfu blexique,de l'Amérique Centrale,duCondinamiirca etdu Pérou.
(Cf.G. Squier,Trarehin Xkanigua,New- York,1853,iu-8,p. 511. Etc.)
2) ft. P.du Tertre,llisloiieyinéral?desAntilles
liabiUespar lesFiançais.
t. Il, p. 78,1667,in-4.
DE LA OL'AUKtOLTK
ex AXTHOPOMTHB 45
.1;

fl'osl il'aiUcurs de ces Galibiu de Torre Forme que descend


l'une dos deux faces cjuise hoiUrencontrées dans l'archipel des
Antilles

f) Cf.Konig,loc.cit., |>.ili.
46 DÉCADESAMÉRICAINES

VIII
LES LACA.NDONBDK LA IMUTK UZUMACI.NTA

M. Charnay a consacré quelques lignes d'un des meilleurs


chapitres de son nouveau livre à une peuplade sauvage, parti-
culièrement intéressante, dont il a rencontré plusieurs représen-
tants au paso Yalchilan, sur les rives de l'Uzuniaeinta.
Les Lacandons, qu'il nous fait rapidement connaître dans ce
passage, appartiennent à la grande race des Mayas et parlent un
dialecte de la langue du même nom.
Dernier débris d'une nation autrefois florissante, ces pauvres
Indiens sont un des exemples les plus remarquables, que l'on
puisse aujourd'hui citer, d'un peuple jadis civilisé et retombé,
sous l'influence de circonstances défavorables, dans un état
voisin de la barbarie.
Leurs ancêtres construisaient dans toute celte région presque
déserte aujourd'hui, des villes importantes, qui renfermaient des
monuments nombreux et variés. t
Ils possédaient une écriture compliquée, dont ils couvraient s
les parois de leurs édifices. Leur céramique était curieuse et
bizarre. Ils sculptaientdes bas-reliefs'%P1.
Il) surlesquels ilsrepré-
sentaient leurs chefs' couverts de riches vêtements, tuniques,
manteaux ou pèlerines, brodés avec un art véritable portant
d'étranges bonnets surchargés d'ornements volumineux, des
oreillères énormes aux découpures tourmentées, de gros colliers
it larges médaillons, des manchettes, des jarretières à penden- a
tifs, des sandales à hautes talonnièrcs par des glands au
cou de pied, etc.
Les villes de jadis, abandonnéesà la suite des invasions espa-
<
1) D. Charnay.LesanciennesvillesduNouveau-Monde Voyaaes
d'explora-
lionau MexUiuèel dans l'AmMque Paris,Haehelle,
Centrale(1807-1882). 1885.
1vol.in-i illustré.
2) Cf.Rerue tome
d'Ethnographie, II,pl.4, 1883.
I.KS UCASDOSS DE LA HAI/TK CZVHACISU 47

t. ne
gnolos, sont kilna
lu» Kntil !*nitp/*i2mitf^nu rma des hameaux
niii> «Lia finmnaiiv f^««
fort
plus représentées que par
modestes, assez bion tonus, nous dit-on, et qu'entourent de petits
champs relativement bien cultivés'.l,
Le secret de l'écriture des ancêtre» est si complètementperdu,
que pus un Lacaadon n'en comprend un seul caractère.
Tout leur art se borne à pétrir sur d'anciens modèlesdes vases
qu'ils barbouillait do couleurs voyantes, à entaillorsans goût t les
bois de leurs longues libelles(pi. III, lig. 1 à 4) ou à semer au ha-
sard des taches rouges sur les grossiers tissus dont ils couvrent
leur nudité'.
Ils no possèdent d'autre vêtement qu'une large
tunique à
manche» courtes, faite d'un coton fort grossier; ils ne portent
d'autre ornement que de lourds colliers de graines ou de dents,
de grilles d'oiseaux ou de pli-ces de monnaie qu'ils ont reçues
des blancs, ou bien encore des plumes d'aigle que leurs femmes
plantent dans une chevelure mal soignée, flottant ù t'aventure.
Enfin les seules armesqu'ils possèdent sont des armes de
l'âge
de pierre, qu'ils confectionnent d'ailleurs avec unu véritable
négligence.
M. Charnay mentionne des haches do pierre avec lesquelles
ces pauvres Indiensabattraient les arbres « pour cultiver leurs
champs. » Notre voyageur n'a pas pu se procurer une seule de
ces haches, dont il ne parle que par ouï-dire; il a en
revanche, une curieuse collection de flèches aimées de silex*,
donl les figures ci-jointes mettent sous les yeux du lecteur les
formes principales et font connaître les emmanchements.

t) ii Ilsviventdechasse,de pêcheetde laculturedeleurschamps, quisotil.


medit-on,mieuxcultivéset mieux tenus ceuxdesblancs. Nulleherbedans
leursmoissons.Leurscasessontpropresque et l'on y trouvequelquesprovisions
detabacet de coton,dumaïset desfruits. M.Charnayajoutequ'ils n'ont
pointde poterie(p. 3U9);c'estuneerreur.LesLacandous actuelsfontdesvases
grossiersquireproduisent exactement tes formesdeceuxquenotrevoyageur a
trouvésdansles temples deLorillard City le muséeduTrocadéro possèdedeux
iloceswisesMiotfmu'A'.
?) Encore cet ornementrudimentaire semble-t-il titrel'apanage deschefset
«leleursfemmes.(Charnay, p. U08.)
«
3) Tuniques et colliers,ditM. Charnay,leursemblent
ciable,carj'essayaivainement dom'enfairecéder;et, comme d'unevaleurinappré-
offraisunede meschemises, ilsse mirentii rire, trouvant en échangeje leur
ils m'abandonnèrent l'objetridicule;mais
sans regretleursarcs et leursflèches à pointesde silex,
dontje lisprovision.» (Op.cit.)
48 DÉCADES
AMÉHICAINKS
Les pointes de flèches des Lacandonsaffectent toutes laformo
caractéristique desjlèches do pion* américaines, c'est -à-direque
présentant lo type lancéolé plus ou moins allongé, elles portent
nu voisinage de la base deux profondesencoches latéraleset symé-
triques, dans lesquelles passant les liens qui les fixentà la hampe,
transversalement fendue pour recevoir son armature de pierre

Fi; i:t ot ( i. Pointede llèelifen tiU-xde.»Lav»iiilou.<


•!<>l'asoYfilcliilm),
vue de
fueeet île profil,[lînmd.nul. Mil",il'lillmugr.Coll.Chaînai/.)

Nos figures i3 ù 17 permettent de se remue un compte exact «lu


procédé d'emmanchement usité chez les Lacandons, comme chez
un très grand nombre de peuplades aiieienm-s et modernes
du nouveau monde. Le lien, tourné circulairement un certain
nombre de fois, embrasse (ont ensemble les deux lèvres de la

t)Cr. Hnu. The ArtlmoIrajknlColle'-timi of Iht United States NationalMu-


séumin diurne »! the SmUlimninninstilutiim Was/iiiifjhiib. C. (SmUfis<.>n
Vontril>.
ii° 287.)\Vo8liiri(,'lon in-4, p. 9-10. – Ktc.
City, IK7G,
LEStACANDOXS
OKLAHAUTE
UZUJJAUNTA 49
Immpe>eot
ol la portion la plus étroite du pédicule;de lu
la flèche, puis
m croise à diverses reprises en X, au niveau de co môme
pédi-
cule, pour venir se contourner de nouveau sur la hampe, à la-
quelle il est enfin fixé, après avoir encore décrit un certain
nombre de tours.
La hampe, longue, mince et flexible, est tantôt ronde et lisse
(pi. HI,fig. 8), tantôtaplatie, triangulaire ou carrée et entaillée de
nombreuses encoches (pl.HI, lig. 4 à 4). Ces barbelures,
symé-
triquement disposées, forment des séries peu près régulières,
qui varient en nombre de douze ù vingt et une, et sont disposées
sur doux, trois ou quatre rangs.
La hampe, ainsi construite, varie en longueur de 32 à 65 cen-
timètres etse trouve emmanchée elle-même dans un roseau do
66 à 78 centimètres, empenné de deux plumes de perroquet*. La
longueur lotule des flèches oscille entre l'03et 4",35.

(1

Fig. Vi, 16. fi. Trois poiutci ilf llècljcs cit silex des Liicuudons du Paso Yulcliiinn
l'i'iwitf nat. Ment (/utfcrfioii.)

Ces flèchesdo pierre se lancent à laide d'un arc haut de


lm,2G
à lm,CcJ.Cet arc est exlrèniemcnt simple,
arrondi, quelque peu
fusifurme et saus aucune poignée ni garde-main. Il se tend à

SCf1iroliie",v""ir<|PSLacandons,
avait ramûss«
eux
euxa•Ua™lrm'y' P0"^nombre
lavuncoungrand deplumesd'ara. pour
44
30 DÉCADES AMÉRICAINES
.1 m
l'aide d'une cordo assez régulièreuiuut tordue, mais de force
médiocre et qui se fixe aux extrémités de l'arc a l'aide d'une
anse arrêtée par le relief de deux tortillons de coton.
L'appareil des archers Lacandons, dont je viens de donner la
description, est en somme très notablement inférieur à celui des
peuplades des Guyanes, del'Amazone et de l'Orénoque, qui, sans
.s'élever jamais au niveau qu'ont atteint un instant ces Mayasi
redevenus sauvages, ont, du moius, inventé et conservé des
engins de chasse beaucoupplus puissants elbion mieuxfabriqués
que ceux dont il vient d'être question dans ce petit mémoire.

ii
.V
[i'iNOUSTHIK HAJIEÇONMfcftE Uti |/aRCIJ1PKL CAUFOBMEX J$J

ix

l'iSOL'STIUE IIAMKÇONXItiHKUI1K2 tKS AXCIKXSIIAItlTASTS UK


l'arciiickl calii'ohxikn

Les fouilles pratiquées depuis quelques sur la côlo


californienne et dans les îles qui en dépendent•, ont mis entre
les mains des ethnographes des documentsextrêmement abon-
dants, qui permettent de reconstituer, jusquedans ses détails les
plus infimes, la quotidienne de peuplades (lui n'ont point
connu les métaux.
Tout est instructif dans les collections énormes, envoyées aux
musées ethnographiques de Washington, de Cambridge ou <!<
Paris, par les de l'Institution Smilhsonieune, du Peai-
body Muséum et de notre Ministère de l'Instruction Publique.
Peu de séries sont toutefois aussi intéressantes que celle qu'a
formée M. Léo» de Cessât des anciens engins do poche des insu-
laires de l'archipel Californien*.
Le musée du Trocadéro possède, en particulier, une techno-
logie complète des hameçons en coquille*dont je vais faire rapi-
dement passer sous les yeux du lecteur les diverses transforma-
tions industrielles.
Paul Schumacher a déjà, il est vrai, dans uni- courte note
imprimée en 1873', appelé l'attention des hommesde science sur
les procédés do fabrication des hameçonuiers californiens el
M. Putnam est revenu sur le même sujet dans ses belles études
sur l'archéologie des Indiens de l'Ouest'.

1)CesIles,(luiforaientun uetilarchipelsituépar 33-:iS0


lat. N., sont au
nombredehuit San-.Mijfuel,
Santa-Hosa, Sanla-Crui,
Anacapa, Sauta-Barbara,
San-Nicolas,Santa-Calalina,San-Clemente.
2) Cet explorateurn'a pas ivcuoillimoinsde 400objetsse rapportantaux
industriesdela pêche.
3) Deux-ccnt-i'iiiquautc
piècesenviron, dontun grandnombrese répètent.
Quaranted« cespiècessontentréesdansnosvitrines.
P.
i) Schumacher, ttk Anftrtiyuwj «fcrAn<jrllutk*n
nu»Muschelselmlen l-fi
ilcnfrùheecnliewohwmtter Imelu in Sinilii-lhirbuni i'utvtl. [Arehirfùv
M,
Anthrop. VIII,s. >>3-2M, l«7."i,in-1.)
5) Fr. VV.Putnam.Reporhuponurchxvhyical andelliMloyiatt Collection
52
52 AMÉMCAINKK
DÉCADK5AMÉMCAINKK

Maïs ces deux savants ethnographes m* possùduiont pas,


semble-t-il, un matérielaussi considérableque celui dont je puis
disposer, grâce aux collectionsde M. de Cessac,et les t'enseigne-
ments que j'ai réunis dans l«s pages que l'on va lire ne feront
pas tous double emploi.
La coquille do l'kiliotis, matière première do la plupart des
hameçons califoruiens, est d'abord casséeen morceaux à l'aide
d'une pierre (fig. 18), puisgrossièrement retouchée sur sos bords

Fijjt.18. Kig. 19. Fig. 20.


Fig. 18.Fragment de coquilled'iialioti»ffrossièreiiuMit
équnrri –Fig. !9. Fragment
de la uiOujo coquille retouché à petits coups. – Fig. 20. Autre fragment avec
un commencementde perforation.(Grand. nat. Mus.d'Elknogr. Coll. de Cessât.)

(fig. 19). Les fragments ainsi préparés sont de dimension fort


variables, les plus gros peuvent atteindre 8 centim. sur 6, et les
plus petits, 2 centim. carrés.
L'artisan perce ensuite vers son milieu le disque de coquille
à l'aide d'un silex bien pointu (fig. 21 à 25). Le trou obtenu est
de dimensions fort variables, j'en mesure qui ne dépassent point
2 à 3 millim. et d'autres qui atteignent au contraire i centim.
et plus.

from cicinity of Santa-Barhwa,California, and from ruined puehlos of Ari-


Uixxnand New Mexico, and certain interior Iribes. (United States Gewjmphicnl
Sumys wlsI of the une hundreth meridian, vol. VII, p. 223, 1879.) – Cf. W.
H. Holmes.Art in Shell of the ancient Americans. (SecondAnimal Reportof the
Bureau of Kthnologu lo the Secretary of the Smithsonian Institution. Was-
hington, 1883, grand in-8, p. 209, pl. XXVIII.)
L'INDUSTRIE lUMEÇONNlfîRE DE l'aRCIIIPBL CALIFORNIEN 33

La plaque ainsi ébauchée est parfoisil peu près ronde, mais


le plus souvent elle affectela forme d'un triangle à base rétrécie,

u w \1
qffl w
Fig. 21 k 23. Porçoirs en silex taillé. ArchipelCalifornien.(Urand. ual.t,
Mus, d'Klhnoijr. Colt. de Cetsac)

tlout les plus longs côtés seraient sensiblement convexes (fig. 26

6~ ~~Ë~S~

Kig. 26 et 27. Fragment* de coauillp avec perforation cenlrali». {Grand, nul.


Mus. il'Elhnogi; Mêmecollection.)

et 27). La hauteur du triangle pt>utvarier de 2 ù 8ceiiliin. Sa


largeur à la base oscille entre 17 el 60 millim.
Une nouvelle opération a pour but de régulariser les contours
> DÊCADK9AM&HWAINK&

de la plaquo perforée que l'on vient d'obtenir; ollo s'accomplit


à l'aicto d'un morceau de grès ajilnti dont on frotte la circonfé-
rence (fig\ 28).

1
3.i.y r:_u

Kig. M. Ui«|iic en coquillr? iloiit le contour a H(- uri ••(,MTontli. (thaml. nul.
Mut. d'Kthnngr. t'oit, de Censm.)

Le fabricant d'hameçons doit nnsuitc élargir ot arrondir l'ou-


verlure pratiquée au c. entrede sa plaque, cf qui d'abord se fait
à l'aide d'un foret fusiforme on grès dur et rude, par la rotation
prolongée duquel ce trou va prendre une forme très exactement
circulaire (lig. 29 et suiv.).

.J
~-xn~frtrn'
Fitr. 29, 30 et 31. Troi~ fragmpntt do roqtiilles perfora dont le trou a été
régulnrlsé il t'aid.* -h) forut. ir%rnu.l. nat. ~m? M~M'f~H.)

Les rluuxcircnnférenc~sinterne p) extcrnf 1(-nililit(te plus en


plus It s'ltnrmonisnr, saufen un point qui ('01'1'(18£10011
au sommet
du Irïangle dont je parlais plu~ haut, et qui fournira ))i<'nt(''tla
saillie destinée a1 suxpenclrr·1'liami~çon.Le fabricant ontamera
P"\1 it peu, pour nbtenir cette espèce d'auricule, ln portion titi'il
a t'cscrv~e il la pcripho'in do la pièce, ainsi que le montrent les
l/lXOUBTMR riAMKÇONNlfcRKI)B t/ARCUm CALIFORNIEN Vu)

trois figures ci-jointes (flg. 20 îi 22)'. Il ne restera plus alors,


pour achever l'hameçon, qu'à enlever à l'aide d'uni»pierre tran-

N%eg N~ffle
Fia.S2,33,34.Troisdisque*il'lml'iulisiii'rfori1».
fitkiculioii
dol'auriculc.
[iîmml.ikiI. Mm. tTEtlinogi: Cuil.deCtttue.)

chante une petite partie de lu circonférenceen avant de cette


utirieule.
Quand le hanieconnier aura appoint en l'usant le crochet qu'il
vient d'obtenir, quand il aura creuse entre l'nuricule. et l'autre

~EËM~~
|'°lg.:i'i, 'M,'M.Troi>liniucounsà petite miriecilc,
oiiliùri'iiinnttermine». Archipel
(drniirf. ml. Mtmr cvlleelion.)
CnlifuniiiM).

extrémité de la pièce une légère rigole, son engin sera complè-


tement terminé.
Les figures 3S à 37 représentent trois hameçon» do ce type qui
était de beaucoup le plus en usage chez les peuples pécheurs des

rivages californiens'. Les figures 38 et 39 représentent une

11 Cf. Pulnnm, op. «il., pi. XII, {!«.22, 27.


2) Cf. Schumacher, /oc. cii.,1%. 80; Pulnam, toc. fil., fig. 2î, 20.
86 DÉCADES
AJlftlUCAINES
variété moins commune du même type dans laquelle l'auriculo
se montre bien plus allongÓe1

.th NI

Mg. 38, 39. Deux hameçons il auricule iillougée. (Grand. nat. Mm. (ftithnoai:
Coll. de Cessac.)

De 4 à 12 millimètres qu'elle atteignait sur les hameçons du


premier type, elle s'élève sur ceux-ci à 21 et 22 millimètres de
longueur, c'est-à-dire qu'elle correspond an lier» et mémo aux
deux cinquièmes de la courbe totale de t'engin.

–– ma ^VMpr
F'8-«- Fig.H. i.-jg.j2,
FiR, 10 et 41. Deux humeçoiiB de coquille portant ilc3 Biicoches. ISUme
Fig. 42. Autrii littiucçou clftcoquille avi-c trou de suspfiiisiou. -olleclion )
(M.)

Les hameçons en coquille de l'archipel californien ne possè-


dent d'ailleurs point tous l'appendice plus ou moins
long que je
viens de décrire. M. tle Cessac en a trouvé
quelques-uns qui
avaient été fixésà lu ligne ù l'aide d'encoches transversales. Les
figures 40 et 41 reproduisent deux spécimens de ce genre de
suspension. D'autres hameçons encore (ceux-ci beaucoup plus
*£•Pulrwm>
ir*) '*• cit., %•25: C)i.Rau.Thearehx(,lot,kal
collection
oflhe
umleaStatesftalionalMuséum. {Smitlison
Contrib.,n»287,WashingtonCilv
1876,in-4,p.§9,fig. 256.) J
L'iXDUSTRIE nAMEÇO.NNIÈRBDK t'ARCHIPKf, CAMFORNIE.V 51

raves) sont percés d'un chtw (fig. 30) dans lequel était introduit
et noué le fil suspenseur
Ce que l'on viontde lire s'oppliquoexclusivementauxharneçons
fabriqués en coquille lYhaliotisil San-Miguel,San-Nieolas, Santa-
Gatalina et San-Clemento.
Diverses tribus californiennes, cellesde Sanla-Cruy.en
particu-
lier, combinaient l'usage d'hameçons en os il celui des hame-
çons en coquilles.

W,

v
Fig. 43. Fig. 44.
l'"ig. 43?ïlaiiieçon en os rira insulaires de Sania-Criu, muni d'un crochet réem-
rail et llxn a l'aide de hitume. (firamt. nal. Mm. (l'Hlfinoyi: Colt. de Cessac.) –
Fif[. è-l. llauicçou presque geinblublu, en dent de cachalot, des iiisiilairos de lar-
cliipcl Hawaii, [Grand, mil. Mua. (tElhnoijr. Coll. Unilieu.)

Cpsenginsprésentaient, gràco au crochet récurrent ménagé sur


leur courbe externe, un peu au-dessous de la pointe (fig. 43), une
grande supériorité sur ceux dont il vient d'être parlé. M. Schu-
macher a découvert quatorze de ces hameçons dans ses fouilles
de Santa-Cruz; plusieurs étaient encore munis de leur ligne fixée
dans une encoche tle l'os puis transversalement enroulée sur
l'extrémité de l'engin à laquelle l'assujellissait une épaisse
couche de bitume. Les deux pièces similaires de la collection de

1)Cf. P. Schumacher,
toc.cit., fig. 81: Putnam,op.cil., pl. XI. flg. 2, 3
et 4.
38 DÉCADESAMÉRICAINES
na;n,rr.~ aatann.nwr.o

Cossao au Musée du Trocadéro (notre figure


C.ossaoau flguro 43 rc
repréBonte la
plus volumineusede ces doux pièces) sont semblables îi celles
qu'ont représentées Schumacher et M. Putnam, mais on n'y voit
aucun vestige de corde.
Ces hameçonsen os sont (railleurs ù peu près identiques à ceux
que lesHawaïen»confectionnaient jadis à l'aide de fragments de
dents de cachalot.J'ai décrit, en 1879', un de ces hameçons, qui
fait partie de la collection Ballieu, déposée actuellement an Musée
du Trocadéro. Cette pièce (fig. 41)reproduit presque exactement
les formesgénérales (les hameçons en os californiens. La seule
différence notable entre ces deux types d'instruments consiste
dans la direction de la rainure d'insertion de la ligne qui est lon-
gitudinale d'un côté, transversale au contraire de l'autre. L'auri-
cule de l'hameçon hawaïen, réduite à son minimum, fait
corps
avec le reste de la pièce, au lieu d'en ètro séparée par un sillon,
et la ligatures'opère à son niveau tant à l'aide de son bord infé-
rieur qu'au moyen d'une encoche horizontale ménagé ù sa sur-
face. C'est probablement it ces engins de pêche des anciensinsu-
laires de Hawaii quo fait allusion M. Rau quand il dit que les
hameçons do Californie « ressemblent de très près » aux pièces
de même nature en usage dans le Pacifique. Les hameçons de
Taïti, de Samoa, etc., se montrent en effettrès différents de ceux
di'Hîles californiennes, composés qu'ils sont de doux
pièces, un
crochet d'os ou do coquille, sans barbeluros,et une
plaquette do
nacre plus ou moins recourbée, il laquelle ce crochet est fixe au
moyen de deuxliens qui le transpercent en travers.
L'analogie de forme des hameçons de Hawaii et do Santa-
(îruz m'a d'autant plus intéressé qu'elle ne constitue point un fait
isolé. C'est un argument de plus, que
l'ethnographie vient fournir
aux ethnologuesqui considèrent une certaine partie de la popu-
lation côtière du nouveau continent oulro 30° et 40° de lati-
tude nord, comme venue do l'ouest et originaire des
archipels
polynésiens.

1^E-T>.f'aT Cnlal'igiie
descriptif et mi-tlmlique del'ncpotitiwoi-aanisi'e
»"
P'r,n- '»%<•. « l'owtsion du i-mienain de In mwt rie Cook,
n"JOu.(Bull,dela Sor,drlitogr. &si't., XVII. p. VHt1879)
Uî SVASTIKA ET LA ROUF.SOMIHE EN A.MÉRIQCE ÎÎ9

LB SVASTIKA KT U HOUIv SOI,A1HK K.\ AMfttlUCK

Les recherches poursuivies depuis quelques années par


M. Alexandre Bertrand sur certains monuments anciens de l'Eu-
rope occidentale, ont conduit ce savantet judicieux archéologue
it attribuer les symboles qui les particularisent, croix gammée
roue, etc., à desintltrences religieusesdontil est allé chercheravee
raison la source jusque dans l'Extrême Orient.La croix gammée
dont il a étudié avec le plus grand soin la distribution géo-
graphique, est bien, en ollet, le svastika bouddhique la roue
gauloise n'est autre que la roue solaire, celle du Buddhaimitée
du disque de Vichnou', etc., etc.
Je mo propose de montrer, dans cette courte note, que les
mêmes signes ont franchi le Pacifique sous des iufluencostoutes
semblables à celles que M. Bertrand vient de mettre en lumière
en ce qui concerne l'Europe8, et qu'il s'est conservé dans les pra-
tiques religieuses de certaines tribus du Nouveau-Monde des
traces bien manifestes de l'intervention des disciples do Çakya
Mouni.
M. d'Eichlhal a déjà fait ressortir quelques-uns de ces traits
de ressemblance entre l'Asie et l'Amérique dans l'important
mémoire qu'il a donné en 1865à la Revue archéologique*. Je
rappellerai seulement en passant ce que dit ce savant ethno-
graphe des analogies qui existent entre le pock-honq des Mau-
dans et le churnik-pouja des Indous du Bengale, entre les
légendes rotatives it ta tortue chez nombre de tribus Peaux-

1)Cr,E Sennrt,Essnîsur la hyendïdu Biiddh'i, snn mmctireet sesori-


gines,2»éd. Paris,Leroux,1K32, pus*. –H.(i.iidoz.UitùuqattloisduSoleil
elle symbolisme dela roue.(id'c.Archi'iil'xj.,
3' série,t. IV. pag.16etsuiv.
Juill. 1884.)
2) M.Bertrandvientdefairedecesimportantes questionsl'objetd'uncours
trèsdétailléprofessé à l'KeoleduLouvre.
3) G. il'liiclilliul.
Hiutlfisurlesorij/ines de la arilisalinnamé-
limtd-.lhiiiues
ricaine,1™partie.Paris,Didier,1805,p. 4rtet suiv.
DÉCADE8 AMftRKAlNKS

Rouges, et les récits du second avalai'


avalai- de Vichnou, enfin entre
certaines sculpturesde l'alenqué (Chiapas)ou d'Uxmal
(Yucatan)
et d'autres copiéesk Ellnra dans l'Indo on h
Bôrô-Boudour, dans
l'Ile do Java.
On trouverait dans une étude détaillée des monuments reli-
gieux des régions mexicaines bien d'autres arguments à faire
valoir en faveurdes origvm
asiatico-bouddhiques (le mot est de
M. d'Eichthal), de l'uno au moins des civilisations
qui ont an-
ciennement fleuridans ces contrées.
Je ne veux m'occuper aujourd'hui, comme le dit le titre de
cet article, que de deux des symboles les mieux caractérisés du
bouddhisme, c'est-à-dire du svastika et de la roue, qui ontsug-
géré à M. Bertrand de si curieux rapprochements.
Le svastika no s'est jamais rencontré, t ma connaissance du
moins, sur aucun monument du Mexique proprement dit; mais
les dernières recherchespoursuivies chez U&pueAlosdu Nouveau-
Mexique ont nettement démontré la présence de ce signe sur des
objets encore aujourd'hui en usage dans certaines cérémonies de
ces Indiens demi-civilisés.
Ces Pueblos, dont la propagande catholique,
quoique longue-
ment poursuivie, n'a entamé ni les croyances, ni les habitudes
religieuses, et qui ont conservé jusqu'à nos jours un rituel
archaïque particulièrement curieux, brandissaient encore dans
certaines danses, au moment do l'expédition de M. Stevenson
(1879), des hochets formés d'une cachasse discoïde, ornée df
peintures polychromeset dont le centre était décoré d'un svas-
tika bien dessiné1
M. Stevensonvient de donner, sans commentaire, la
représen-
tation d'un decescurieux engins qu'il a recueilli chez les
Wolpi',

1)Deuxcroix coupentInlignenoire(luiencadrela circonférence


la calebasse. obliques de
2)J. Stevenson.lUiulnilnlCalnhumofllu:Collection oUninedftomlheIn-
ilmnso( AewjfaefoiundArivmain 1879(S«o«rt Annual Hn,orlof(lie Bureau
«/ kthnoloyyj"lh>: ,,f the SmilksoninstU.Washington1883in-8,
Seeretnty
p. m). VoicienqiulstermesM.Stevenson décritcehochetde danse Dance-
raitlemmlfvumnsmalyount,emMHshml in colorsofbhtck,redandwhite,The
is
yourd itcrforaltdal enchsûte,throwjh«7ii>/ia stickis passaifw «handk
l.mu S'soncachsié'.Secpy, 502.
LE SVASTIKA KT LA RODKSOI,IIU< EN AMltalG.UK I) I

et le Muséo du Trocudéro doit à la générosité de M. Spencer-


Baird, secrétaire de l'Institution Smilhsonieniu!,un autre instru-
ment fort semblable dont la lig. 43 ci-jointo reproduit une des
faces.
On pourrait encore prendre pour autant de svastikas quelque
peu modifiés, les lêtes d'oiseauxà longs becs gravées à la surface


Fig. 45-HochetdedansedesIndiensWolpi,formOd'unegourdeaplatiepercée
de un maocho en bols
deux trous par lesquels patse Le swastùta est
léger.
peint eu noir sur fond olauc, au centre de choque face et au milieu d'un disque
rayoauaot. (1/4 grand, nul. Mus. ti'Ethnogr. Coll. Instit. Smith.)

do plaques de coquilles découvertesù diverses reprises dans des


mounds, M. Holmes a réuni dans les planches LVill etLlX. de
son beau mémoire Art in Shell1 les dessins do quatre dee.es
disques il tètes d'oiseaux, dont trois proviennentdes stoiieyraves
du Tennessee'.
Les deux premiers offrent au centre une figure en forme de
roue dentée, à quatre rayons droits, encadréed'un triple carré
bouclé ù ses quatre angles. Dansle troisième, l'ornement médian
est réduit il un disque centré d'un petit rond sur le dernier, lo

1) W.Ii. liolmes.Art m Skll uftlv nm-ienlAmerhius.(SecondAnnwil


Reportof theBureauof Elltnolngg.
p. 282-284,
pl. LV11I-L1X.) »sans i
2) Troissont du Tennessee,le quatrièmeest étiqueté
« Mississipi
autresdétails.
62 DÉCADES
ASIÉHICA1XKS
symbole a 6t6 eilucô par l'usure et l'on no peut plus voir que
quatre larges œillets, destinés il attacher la plaque.
Dochacuuo (lesfaces des carrés, entre les boucles angulairos,
émergent, je l'ai déjà dit, des lûtes d'oiseaux it longs becs lar-
gement ouverts, qui regardent toutes dans lu même direction
que les crochets terminaux des quatre bras du svastika des Puo-
blus. Ces tètes d'oiseaux rappellent de bien
près les lûtes du
chevaux qui formeulles exlréinilés de cette
espèce Auscastiku
que Lambert a rencontrésur quelques médailles gauloises
Il n'est point sans intérêt de juxtaposer il ces observations sur

~Sti!af!&~


Fig. 16. Disqui' festonnéUmlb^d ,u,k\ n>prt<entaut la solaire.(Uatnréê
uuckssiu tic .M.W. l'utmmi.) figure

l'existence du svastika eu Amérique


quelques renseignements
relatifs à la roue, qui se rencontre
parfois aussi sur des mouu-
ments du Nouveau-Monde. Cette roue est te plus ordinairement.
formée d'une sorte de croix grecque inscrite dans un cercle
M. Holmes a représenté, U l'article The Cross de son mémoire
déjà cité, quatorze roues simples à quatre rayons droits gravés
ou découpés dans le cuivre, la
coquille, etc. ». Deux autres sont
gammées, c'est-à-dire que chacun des rayons se recourbe vers la

t) Lambert. Essai sur la numiimalinueymiloisc, 2e partie, pi. XII, n" 10


i ADS;IOt)'J|lf)*'l,
2) VV. H. rit. pi. L|, LU, LUI.
3) Ces croix se montrent pour la plupart sur des Imusse-colen coquille hhell
yorgets) provenant des mmiml-idu Tennessee, de l'Ohio, du l'Illmois Daulres
sont gravées sur pierres piintes, sur poteries ou
découpées en cuivre (\V H
Holmes, «». cl., p. -SU). L'usée .le ces sArtf ywjeu ornés d'une rou« s'est
niiliiitcnu longtempschez quelques tribus imlieiincs, ce sont les « runtfM ».
(I~1 lbi~t., p.?k ct suiv.~·t yl X\t\!I, -Ct:
TriGex, vol. III, p. ï9, pl. \:C1.)
KNA.MÉHlyl'K
KTLAKOIKSOI.AMK
I,K6VA8TIKA 03
«•i.'tnlViit.ktkrt'i
circonférencecomme/i/imnwk
tlfinu
dans lelusvastika,
uv<i&fil;ji
Ikmm
uansl'uiiMilttuet'Aitirrtllf*K
1 uao ces roues
lu» quatre gainnias, complètement imbriqués sont cantonnés =
d'autant do petits cercles; tlans l'aulro, l'extrémité de chaque
rayons'élargit seulement un peu en une sorte do triangle irré-
gulier,
Uuodernièreroue est régulièrement déeouNéoen huit secteurs,
uou plus droits, rauis courbes, alternativement noirs et blancs ?
et qui forment une sorte de tourbillon.
M. Holmesn encore groupé dans les planches îii, Sii et ÎSGde
son mémoiresept plaques dites festonnées(scallupeddisks)pro-
venant de mounds ou tumulus et dont le centre représente, à mes
yeux, du moins, autant (le roues à rayons courbes. Ces rayons
ne sont plus qu'au nombre de trois ou de quatre, et sont encadrés
d'abord d'un cercle, puis de deux rangées concentriques de mé-
daillous, au nombre de six ou neuf pour l'interne et de treize à
quatorze pourl'externe. La ligure 34 reproduit un de ces scallu-
ped disks,publié par M.Pulnam dans l'un des rapports du Peu-
body Muséum'. Ces plaques, dont.la disposition générale rap-
pelle, dans une certaine mesure, la célèbre piedra deholàc
Mexico, sont, ù mon humble avis, dovéritables monuments so-
laires, et la ligure ceutrale y représente l'astre du jour sous une
forme simplifiée qui s'écarlu peu de l'une de celles qu'il a
prises dans quelques monuments antiques de l'Ouest du l'Europe.
M.J. Jones, qui a découvert dans le Tennesseeun de ces disques
eu coquille et en a publié la description très détaillée a rappro-
ché cette pièce de l'ornement symbolique dit Tae-heih que l'on
voit reproduit dans certaines œuvres chinoises et dont nous
donnons plus loin (lig. 47)la représentationd'après la céramique
de Jacquemart
« Dansun sarcophage de pierreconstruit avec soin, dit l'archéo-
logue de la Nouvelle-Orléaus, et dans lequel gisait un squelette
1)\V. II.Holmes, -('(.,p.273-270
..y>. et pi. LIV-LVI.
Atchtr<AiiijKtUilj')ilu>'ti()<i>iin Tiiimusiv (Eh'Vvnth Anniud
'£) I". \V. l'titnaiii
tinxirtùfthe TntsOrs<>Meî'wMg .1/m.\v«im, vuj.Il, n" p. 310,1878'.
3) J. Joncs. Krplttntlwnuf Ihc AtiortijimU Ifrmaini »f Tcimcssm. (Smilltstm.
(Umlrib. <oKtwidalyc, u"'l'A).Washitigtun, Smillisoii. tustit.,oct.1876,in-4,
Mvrwille*
.1) «.)Jacquemart, delu Cà-ami'pte. l'aris, 180C, in-8, t. 1,p. 57.
M DÉCADES AMÉMCAINE8

regardant vers le soleil couchant », a.fut trouvé co bel Ornementdu


.,n.,·nn.l~t 1- ~1.1 .1.

coquille, large do 4 pouces 4. Il reposait sur le sternum, la sur.


face concave par-dessus. Cette surface concave avait «lé couverte
de peinture rouge, dont il restait encore des traces bieu appa-
rentes.
La surface convexe correspondante est soigneusement polie ol
plane, à l'exception de trois en coup et de deux
marques d'ongle
petits trous de suspension, bien apparents aussi sur la face con-
cave ornée d'un petit cercle (ju'eulourenl quatre bandes concen-
triques de ditrérent relief. « La première bande est remplie par

Fig. 47. l.c Tae hci chinois, d'après Jacquemart.

une triple volute; la seconde est plane, la troisième est


pointillés
et porte gravées, à des distances iuégales, neuf petites bossettes
rondes. La bande externe enfin est formée de
quatorze autres
petites bossettes elliptiques dont les contours «sternes forment
le bord festonné de la pièce. »
Le rapprochement proposé par AI..1. Joncs entre co
symbole
ni le symbole chinois qu'il lui juxtapose, n'est
acceptable que
dans une certaine mesure. Ainsi que l'observe,d'ailleurs lui-même
le savant antiquaire, une division ternaire est substituée dans le
disque américain à la division binaire essentielle au Tae-haides
Chiuois cette dernière se trouve, au contraire, reproduite à peu

1)« Lesphilosophes
chinois,
<Jilnoireauteur,rl^prôsKr.Davis(TheClwuse.
A Oenerul ofChinaand Usinkabitanls,Il. p. 117),parlentde l'o-
Description
LE SVASTIKA ET LA m)UK SOLAIRE EN AMÉRIQUE Gfi
i

près telle quelle, sur dos objets recueillis chez les Chimau ot les
Yuncas de la côte péruvienne.
Je dois à M. Eugène Roban, antiquaire bien connu de toutes
les personnes qui s'intéressent au passé de l'Amérique, la con-
naissance de deux terres-cuites duPérou, ornées l'une et l'autre
d'une sorte de variante du Tue-heichinois.
La première appartient à M.Abel Drouillon, et a été recueilli»

Kig. 48. Statuette en terre cuite de Caruielo.


1/2je (Colt, A. Brouillon.)

dans des fouilles longuement poursuivies à Carmelo, près Viru.


département de la Libertad. C'est une statuette en terre bien
cuite, du 9 à 40 centim. de hauteur, représentant un petit person-
nage, dont la bouche largement ouverte laisse voir les canines,

rigine de toutes choses, sous le nom de Tae-heih. Ce signe est représenta dans
leurs livres par une ligure ainsi former» sur le demi-diamètre d'un cercle donné
décrive* un demi-cercle, et sur l'autre demi-diamètre, mais dans l'autre sens,
décrirez un second demi-cercle. JI existe d'autres caractères chinois qui se
rapprocheraient bien plus rlu symbole central des smllopcd disks du Tennessee,
etc; par exemple le carnetêrt*Ô, i-Miiployé quelquefoispour représenter le soleil
et qui se compose du cercle O ou soleilet du signe • ou hommeou t'Ire.
« Dans un grand nombre de poésies chinoisesou annamites, m'écrit ù ce propos
M. G. Uumoutier, il est fuit allusion a cette croyance qui a toujours été accré-
ditée chez ces peuples, que si ('on regarde attentivement le soleil, ony découvre
un corbeauà trois pattes qui lo divise en (rois segments. » Si l'on se refusait à
à admettre, continue le même sinologue, la division du cercle solaire par le fa-
tidique corbeau « (rois pattes, on pourrait voir dans la figure © le soleil jVQ
ou dans l'ancienne forme'" avec un tchou radical qui signifie .«')<'Kt', MM«ff
personnifiant unepuissance à son centre fe.
5J
OC DÉCADES
AMÉRICAINES

symbole do la forceexclusivement réservé au Pérou aux figures


divines (tig. 48). LeDieu presse de la main droite sur sn poitrine
un disque que coupent un deux parties égales des volutes conti-
gues qui rappellentd'assez près le symbole chinois dont parle
M. J. Jones.
La seconde dos pièces, que M. Boban m'a signalées, est une
sorto de cruche hatitode 21 centimètres et large de 18, en assez
mauvais état d'ailleurs, découverte dans lu célèbre cimetière

Fie. 49. Cruche de terre culte d'Anron.


!/i yr. (Coll. Ilobun.)

d'Ancon, département de Lima (fig. 49). Au centre do ce vase l


J'artiste yuncaa peint dans un trapèze parsemé do petites figures
noires indéterminées,qui pourraient bien représenter des étoiles,
lieux volutes ayant lm point de départ commun et se dévelop- l
pant d'une manièreà peu près symétrique, l'une en haut, l'autre
en bas. Quel'on substitueà la figure irrégulièrement
quadrangu-
lairo qui encadre le signe, le cercle dont elle dérive, on retrou-
vera une fois encore,comme l'a observé le premier M. Li-Tchao-
Pé, un ensemble assezanalogue au tac-hei
Je ne voudrais pas exagérer ces ressemblances,
qui en tous
cas ne sont pas fortuites, j'observe seulement qu'elles sont bien j
t
1)Onsait quel'astredujournV-tnitjamaisreproduit
soussa formeapparente
parles Péruviens et quetouteslos piècesen métalouonlorrc-cuitequimnn-
un
trcnt disqueà facehumaine, entouréde myons,sont «Jescontrefaçons.
Wiener,JVtouetMme,p. Les solairesbii>n(Cf.
seulesreprésentalions au-
seraientcellesoù cetastrese dissimule
thentiques souslaformedu svmbole
nousferions d edécrire. `
que
LKSVASTIKA
ETLAROUE
SOLAIRE
EN AMÉRIQUE 67

plus étroites que celle dont M. J. Jones entretenait tes lec-


leurs il y quelques années.
Il reste acquis, en tous cas, et cola ne manque point d'offrir
une réelle importance, il reste acquis, dis-jc, qu'il a existé chez
les peuples civilisés de l'Amérique, une conception symbolique
commune représentée par un cerclecoupé d'un nombre variable
do secteurs plus ou moins incurves. Au Mexique, le signe du
jour était ainsi cirettlaire et partagé en quatre secteurs courbes
Un cercle à trois secteurs beaucoup plus incurvés, figurait au
centre des scaUoped disks des Mounds buildors. Enfin chez les
Yuncaset les Chimusde la côto péruvienne, le cerclen'était plus
décomposéqu'en deux secteurs d'égaleétendue*.
Quoiqu'il en soit d'ailleurs, toutes ces roues américaines,celles
des scallopeddisksen particulier, rentrent dans Je type des roues
solaires, et l'on peut s'expliquer leur diffusionù travers le Nou-
veau Monde, par la prédication bouddhique qui a importé dans
los mêmes contrées !••svastikadont je parlais plus haut, tes atti-
tudes spéciales, les croyanceset lescérémonies que M.G. d'Eich-
lhal a rappelées, enfin tout cet ensembled'institutions d'un carac-
tère si particulier qui se résume danslete'noins de Qttelzalcoalt,
de Cuculkanou de Viracocha.
d<'CwM/<?H~udf' y\
r* ''"•
l) Cf.Clavigero.StoeiaAutimiM Mmiço, Çesptm,4780,in-4,t. II, p. 192,
fif<.A.– Elc. Í
'>)Kilefaitpartie.lela collection
<TanUduit$Bamécicàii/es
nueM.Boban vient
remporterAMexico. •'•
litcAlJl.» AMÈItl' UNI-. l'I-- II

1I\hlllJï lIt "II'j'l.Ill 1'1 1.\ j \il


,1,,·"ucml't ui:W · i,·- rniu~ ~!·· Lnr:·· l.rlll.lr.i .m y:m: y·· I: s, nu,i,~u·.
DÉCADES AMÉRICAINES. PL. 111.

FUXIIKS A l'ilINTCS IIK l'IKIIIIC

ili'> LucuiiiIuih il'' Ui IIliiU-L'ziiih.icîiiI ».


wC*inllK«*«"«*» .1
angms,mrriuoitt:»«»»'»